Au revoir Jacques…

Jacques Labro ©MC.Hugonot

L’architecte Jacques Labro nous a quittés le 11 novembre dernier. Lors de notre dernière rencontre, voici environ un mois, dans sa chambre d’hôpital où je lui avais rendu visite, la conversation était soudain passée de l’architecture au parapente, une de ses autres passions. Quel bonheur et quelle fierté légitime pour lui d’avoir pu un jour survoler Avoriaz, « sa » station, son œuvre majeure! Il en parlait souvent avec des étoiles dans les yeux et lui qui s’était initié tardivement à ce sport s’en émerveillait comme un enfant. Je l’ai imaginé quitter ce monde au moyen d’un parapente ascensionnel, fruit de son invention…

Jacques était une sorte de Pierrot la Lune, de funambule capable d’exercer son métier d’architecte urbaniste en marchant sur un fil tendu entre l’art et la science sans jamais perdre l’équilibre.

Table ronde autour de l’exposition « la Neige et l’architecte » que j’animais à la Maison des JO d’Albertville en novembre 2017. Parmi les intervenants, à ma gauche (sur la photo) Jean-François Lyon-Caen et à droite Jacques Labro ©DR

Voici quelques mois, j’avais émis l’idée de lui rendre hommage en organisant une exposition pour célébrer ses quatre-vingt-dix ans. Je parlais de ce projet à notre ami commun l’architecte Jean-François Lyon-Caen qui l’accueillit avec enthousiasme. J’ai beaucoup travaillé à la recherche d’un lieu qui semble trouvé. Jean-François était d’accord pour que nous gardions secrète cette initiative qui aurait été une belle surprise pour Jacques.
Mais récemment, il a cru bon de le mettre dans la confidence avant de lui dire au revoir et il a bien fait. C’est une promesse que nous tiendrons, lui et moi, ensemble, à notre ami.

Chaque grand départ provoque un flot d’images, de souvenirs qui déferle par vagues venant se briser sur notre quotidien. Quoique l’on fasse, elles nous submergent. Et finalement ce ressac affectif, aussi violent soit-il, nous rattache à l’être cher.
J’aime ces mots de Maurice Genevois griffonnés par maman comme elle aimait le faire au fil de ses lectures : « Je peux fermer les yeux, la mort n’existe pas. Je trouverai mon paradis dans le cœur de ceux qui se souviendront ».

Jacques Labro en février 2023 ©MC.Hugonot

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