LES RÊVERIES D’UN PROMENEUR SOLITAIRE, ALAIN SOUCHON

Vue de la haute vallée de la Guisane en direction du col du Lautaret (©DR)

« Âme fifti-fifties », son dernier album, sort demain. J’ai rencontré plusieurs fois Alain Souchon (dont personnellement je suis fan !), pour parler de la montagne, une de ses passions. A Paris les premières fois, dans un grand hôtel parisien, proche des Tuileries, dont le bar avec ses boiseries foncées pouvait faire penser au confort ouaté d’un chalet ! Et plus tard, dans son fief, la vallée de la Guisane où ce doux rêveur amoureux des sommets se complait dans le calme et la contemplation des sublimes paysages des Hautes Alpes. C’est au cœur du briançonnais qu’il possède son très beau chalet-refuge. Pour le tournage de mon émission « La vie de chalet » sur MontagneTV, Alain Souchon avait choisi une de ses adresses préférées, le Bivouac, un restaurant d’altitude . De beaux souvenirs que j’avais envie de vous faire partager car ils dessinent une autre image de l’un des chanteurs français les plus populaires !

On arrive au Bivouac…

« Si vous n’aimez pas la mer, si vous n’aimez pas la montagne, si vous n’aimez pas la ville, allez vous faire foutre », criait Jean-Paul Belmondo par la fenêtre de sa voiture dans « A bout de souffle » de Jean-Luc Godard… Alain Souchon aime tout et ne s’en cache pas : « J’ai été gâté par la vie. J’ai une maison à la campagne, une à la mer, une à Paris et une à la montagne ». Invité par des amis, l’acteur Thierry Lhermitte notamment, il découvre la région de Serre-Chevalier. L’authenticité des hameaux, le côté sauvage des paysages de la Vallée de la Guisane, le climat sec, un peu aride et chaud l’été, l’accent… l’idée que « c’est le nord du sud » avec des influences provençales, la qualité de vie, la gentillesse des habitants, tout le séduit. « Comme Françoise, ma femme, ne connaissait pas la montagne, j’avais envie depuis plusieurs années d’y acheter un petit appartement et finalement… je me suis fait construire un grand chalet ! ». Un architecte, Philippe Gauthier, le dessine et l’entreprise Bayrou (www.chalets-bayrou.com) le réalise selon sa volonté : tout en bois, pas vraiment conforme à l’habitat local, plutôt pierre et « provençal », mais c’est comme ça qu’Alain Souchon l’imagine… « nous ne sommes pas les seuls à avoir un chalet plutôt savoyard ici ! ». L’aventure prend forme en 2000 et Alain Souchon salue au passage le savoir-faire du constructeur : « Mon rêve, c’était d’avoir une grosse cabane en bois très traditionnelle, j’aime l’odeur du bois, ça sent bon lorsqu’on rentre à la maison. Les Compagnons d’Alain Bayrou ont fait un travail magnifique. »

Son organisation semble parfaitement rodée : « On prend le train, on arrive à Briançon, c’est le bonheur. Sauf que maintenant « ils » ont supprimé les trains de nuit, les wagons-lits qui étaient si bien… J’en ai fait une chanson, « La compagnie », passée inaperçue ! » (un des titres de son album « Ecoutez d’où ma peine vient »). L’été j’y vais en voiture car vous avez remarqué comme les femmes transportent toujours des lampes… et en train, c’est pas pratique ! » Alain Souchon n’a pas choisi une décoration couleur locale : «  J’aime que l’on n’ait pas l’impression de prouver quelque chose, je n’aime pas l’accumulation mais je tiens à un piano, des tapis, à ce qui est un peu vieillot, un peu sombre. Je n’aime pas trop les maisons claires, les baies vitrées, ça fait artificiel, ni les pièces trop baignées de lumière. »  Lui qui avoue ne rien avoir d’un gastronome et encore moins d’un cordon bleu se découvre une vocation dans son chalet, entouré de sa famille et d’amis parce qu’il fond de plaisir devant sa cuisinière à bois : « je fais cuire des tartes et des rosbeefs dedans, c’est ma locomotive ! C’est une autre vie, on rentre de promenades affamés. »

Alain Souchon allait déjà aux sports d’hiver, enfant, avec ses parents. À 16 ans sa maman l’inscrit au pensionnat de Cluses  en Haute-Savoie où il se rapproche de son frère aîné, Gilles, alors guide à Chamonix… « Je le trouvais héroïque, il me fascinait. J’ai donc passé des vacances là-bas, skié aux Houches, à la Flégère, au Brévent… C’est là que dans le téléphérique, ayant pour la première fois vu une vraie vedette, le chanteur et acteur Marcel Amont, je me suis dit « ça fait de l’effet quand même ces gens là, quand on les voit, il se passe quelque chose !… Et puis je suis retourné dans la région, à Megève, Praz-sur-Arly, lorsque je ne savais pas trop quoi faire, pour chercher du travail. J’ai été apprenti chez Doudou, je peignais des volets, des choses comme ça. Ensuite, j’ai fait de la menuiserie chez un médecin à Argentières, je bricolais ! ».

En quittant le Bivouac

Son meilleur souvenir en montagne ? « Je faisais du ski de randonnée avec mon frère. En traversant une combe, il était passé à un endroit et puis derrière lui, la neige était partie. Quand je suis arrivé, j’ai dévalé une pente de quarante mètres. J’ai eu très peur. Mon frère m’a dit :  » tu as crié maman ! ». D’appeler sa mère quand on est un jeune trentenaire, ça m’a fait réfléchir et j’en ai fait une chanson « Allo maman bobo » et cette chanson a changé ma vie. Ça a été une de ces chansons qui ont eu le plus de succès et qui font que les gens vous sourient dans la rue, qu’on vous regarde plus gentiment, qu’on gagne pas mal d’argent aussi… J’avais déjà fait des chansons qui avaient bien marché mais cela m’a plu d’avoir autant de succès avec celle-ci qui reste vraiment liée au souvenir de cette promenade à ski. »  

Dans « Le chanteur d’à coté », l’émission que lui avait consacré France 3, Laurent Thessier, le réalisateur, filme Alain Souchon dans la région de Briançon où il part se promener avec son « casse-croûte ». Il raconte : « je cherche un paysage qui m’exalte, je m’assieds, face à la Meije pour manger mon bout de pain avec de la tomme et du saucisson. Et tout ça m’enivre ! Je travaille beaucoup en marchant. C’est comme ça que je trouve mes idées que je note sur un petit carnet comme vous. J’aime marcher seul ou avec ma femme dans la montagne. L’altitude irrigue le cerveau. La nature m’inspire : c’est un peu mon bureau. C’est la même chose à la campagne ou à la mer. Et même dans Paris. Pour « aimer les humains », Alain Souchon trouve qu’ « il faut savoir goûter la solitude ».

« Âme fifty – fifties » – édition limitée double CD, digipack 3 volets, inclus un livret 24 pages (Warner Music France) Sortie le 4 décembre 2020.

Pour en savoir plus sur Alain Souchon et la montagne, regarder sur Youtube « La vie de chalet – Alain Souchon », tourné en 2012.

2 réflexions sur “LES RÊVERIES D’UN PROMENEUR SOLITAIRE, ALAIN SOUCHON

  1. A travers ces témoignages de personnalités à propos de leur intérêt sur la montagne tu nous donnes l’envie d’y aller.
    Belles photos j’ai trouver particulièrement belles celles qui concernent le récit sur Yvonne printemps.

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