Cocorico, le patrimoine sensoriel de nos campagnes est protégé!

Les jolies fleurs, les adorables oiseaux, le soleil éclatant, le réveil de la nature…Beaucoup de bobos, parisiens notamment, à la suite du premier confinement en mars dernier, ont opté pour la vie champêtre et se sont imaginés pouvoir se transformer en woman ou gentleman farmer.

Illustration pour « Le rat des villes et le rat des champs » ©DR

Par un temps de rêve, cet épisode que l’on pensait alors de courte durée, a suscité une flambée des prix de l’immobilier. Les fameux urbains, sur un petit nuage, ont enchaîné le printemps et l’été en oubliant les deux autres saisons. Ils ont pris possession de leur bien ou fait construire à la hâte des extensions à leur résidence secondaire pour s’installer dans le télétravail idéal. Et puis les mois passent. Les touristes, les copains partent, le ciel se voile, la nature « reprend ses droits » comme on a coutume de dire ! Dans le calme revenu le bruit des cloches, celle des églises comme celle des vaches, des poules qui caquettent, le chant du coq ou des cigales…agressent ces citadins et créent « des conflits de voisinage ». Si cela prend des allures de farces et attrapes, dans la vraie vie, la plaisanterie est terminée. Ceux qui ont choisi l’exode volontairement se prennent à rêver qu’ « il faudrait construire les villes à la campagne, l’air y est plus sain » ! (cette phrase, généralement attribuée à Alphonse Allais, est extraite des « Pensées d’un emballeur » de Jean-Louis-Auguste Commerson, journaliste, écrivain, dramaturge français et auteur d’ouvrages humoristiques)

Le coq se rit des citadins © Marie-Roseline Perraudin

Raison pour laquelle, avant que les choses ne se gâtent, que les autochtones n’enfourchent les bobos, que les intrus soient chassés et renvoyés manu militari au bitume couverts de plumes et de goudrons comme dans Lucky Luke…il devenait urgent de légiférer pour donner du grain à moudre aux élus locaux soudain mis à rude épreuve face à des situations ubuesques.

Chapelle Sainte Anne (Patronne des Voyageurs!) au col des Aravis en Haute-Savoie ©Marie-Roseline Perraudin

Ainsi donc, « Un texte pour « protéger le patrimoine sensoriel des campagnes » a été adopté définitivement jeudi par le Parlement, via un ultime vote unanime du Sénat. » annonce le Journal des Arts reprenant un article récent de l’AFP signé Véronique Martinache :  » Sonnerie des cloches, chant du coq ou des cigales, coassement des grenouilles, cancanement des canards, mais aussi effluves de crottin de cheval ou d’étable : sons et odeurs caractérisant les espaces naturels, parfois dénoncés comme des nuisances, entrent désormais dans le code de l’environnement. Une consécration qui permet de les inscrire dans le patrimoine commun de la nation.
Le secrétaire d’Etat chargé de la Ruralité Joël Giraud a salué « une bonne proposition de loi de défense de la ruralité », notant cependant que « la vie à la campagne suppose d’accepter quelques nuisances ».

Il est incroyable d’oser parler de « nuisances » pour ce qui a longtemps été et reste purement et simplement perçu, à juste titre, comme les charmes de cette ruralité !

Les grillages ne sont pas pour Roussette (sur la photo)et sa copine Blanchette qui évoluent et caquettent en toute liberté partout dans le domaine de « la Verniaz » d’Evian à la plus grande joie des clients de cet hôtel au charme bucolique, comme quoi! ©MCH

De quelles « nuisances »  parle t-on? Des comportements absurdes de ces bobos citadins (et surtout parisiens, une caricature !) que personne n’oblige à venir polluer nos régions et encore moins à vouloir les aseptiser ni à fouler le purin en stiletto Louboutin ? A n’en pas douter !

On ne peut s’empêcher de penser à la fable de Jean de la Fontaine « Le rat des villes et le rat des champs »…et de comprendre l’énervement de ce dernier à l’égard du premier.

« Pour le rapporteur du texte au Sénat, Pierre-Antoine Levi, « la symbolique est forte ». Affaire à suivre puisque, ajoute Véronique Martinache : « La proposition de loi prévoit également de confier aux services régionaux de l’inventaire du patrimoine culturel une mission d’étude et de qualification de « l’identité culturelle des territoires ».

Bonne idée tant il est vrai, par exemple, que les éoliennes comme les panneaux publicitaires s’avèrent déjà une vraie pollution visuelle et non une valeur ajoutée…

2 réflexions sur “Cocorico, le patrimoine sensoriel de nos campagnes est protégé!

  1. juloar

    J’aime beaucoup cette façon de voir .
    Les lois s’infiltrent dans la nature, ça ne sent pas bon. Les politiciens mettre leur nez partout.

    Si j’osais, ça me fait penser aux digestats qui commencent à être répandus dans les champs du côté des Alpes où j’habite. Pouah! quelle odeur! J’aimais mieux le lisier…
    Mais que la montagne est belle.

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