Artocène, le nouveau festival de Chamonix conjugue art, architecture et environnement autour d’une première thématique:  » Forêt intérieure ». Du 14 août au 19 septembre

Laurene Marechal, directrice artistique d’Artocène devant le Proto-Habitat des architectes Frédérique Barchelard et Flavien Menu ©DR

Un premier mot vient à l’esprit en écoutant Laurene Marechal, directrice artistique d’Artocène parler avec enthousiasme d’Artocène: courage. Car il en faut beaucoup pour se lancer dans une aventure pareille aujourd’hui ! Un second: passion. Car sans elle, rien n’aurait été possible. C’est encore à l’addition des deux – courage plus passion – que cette jeune femme (avec son équipe réduite) doit d’avoir pu déplacer des montagnes pour concrétiser son projet de Festival à Chamonix.

Rendez-vous au Plan B en mars dernier. Martin Devictor, fondateur et PDG de Mont-Blanc Collection (auquel appartient l’hôtel) et aussi trésorier de L’association Aturaua – dédiée à l’art contemporain et à l’architecture des XXème et XXIème siècles sur le territoire de l’Arve en Haute Savoie, dont Artocène est l’émanation première – nous met en contact. Lorsque Laurene Maréchal m’explique le concept d’Artocène, il reste encore un énorme travail à faire. Elle fonce. Depuis plusieurs générations, sa famille fréquente Chamonix. Elle y est très attachée. Après cinq ans passés à Londres où elle poursuit ses études d’Histoire de l’art, travaille dans cet univers (galeries, fondations…), cette parisienne d’origine s’est établie depuis trois ans à Chamonix. Elle n’a pas perdu de temps pour en voir le potentiel culturel et trouver l’idée qui complète une offre déjà très riche et correspond aussi et surtout à ses goûts: « J’adore travailler avec des artistes contemporains sur des projets très vivants concernant l’art en train de se faire. Et j’aime aussi cette fusion et ce dialogue entre tous les arts. Artocène c’est tout çà. »

Antoine Carbonne, L’Arbre de la connaissance,2019, Huile sur toile ©DR

D’où le souhait de Lorène d’inviter des artistes internationaux à interpréter et à répondre à certaines thématiques du paysage alpin. « Pour la première édition de la manifestation Artocène, la forêt est mise à l’honneur. La forêt reflète une grande partie des problématiques du monde d’aujourd’hui tout en offrant une multitude d’angles d’approche et de récits passionnants. Pour cet événement, il a été choisi d’aborder le thème de la forêt en tant qu’univers fantastique.« 

Laetitia de Chocqueuse, Forêt V, 2020, Peinture à l’huile et acrylique sur toile de lin ©DR

Dans quelques jours le Festival Artocène donne le coup d’envoi de sa première édition avec une multitude de propositions – expositions, conférences, promenades en tous genres – si vous n’êtes pas très « bains de forêt » à la mode bobo, choisissez de découvrir l’architecture de Chamonix avec Christine Boymond Lasserre, guide conférencière passionnante! Artocène propose aussi des ateliers, certains créatifs d’autres plus pédagogiques pour les enfants… Chaque public trouvera matière à participer à ce Festival. Plusieurs lieux sont investis dans la ville, en extérieur et en intérieur. La médiathèque avec « There is another sky « , peintures d’Ariele Bacchetti, le Majestic avec des dessins d’enfants de la vallée sur la forêt, le Vox, cinéma des années cinquante si cher au cœur des chamoniards, est partenaire avec une programmation spéciale. « De Jean Cocteau à Werner Herzorg, en passant par Walt Disney, Hayao Miyazaki ou David Lynch, nombreux sont les réalisateurs qui se sont laissés envoûter par l’imaginaire de la forêt. Pour la période du festival, Artocène s’associe au Vox et aux amis du cinéma de Chamonix pour faire redécouvrir des chefs d’œuvres utilisant la forêt comme scène de leur récit fantastique.« 

Proto-Habitat, Jardin public de Bordeaux, 2020 ©Wald City

A l’occasion du festival Artocène, Laurene Marechal se réjouit de faire découvrir le prototype du Proto-Habitat, structure architecturale présentée comme le logement du futur. Il s’agit d’un espace nomade, écologique et modulable créé au printemps 2020 par le duo de jeunes architectes français Frédérique Barchelard et Flavien Menu (Wald.City). Ils ont conçu le Proto-Habitat afin qu’il se transforme en bâtiment individuel, logement collectif, lieu de travail… au gré des besoins de ses habitants. Celui-ci est constitué de plusieurs modules en bois, superposables et juxtaposables, qui permettent de modifier librement sa configuration. Il se monte en cinq jours (avec trois personnes et un camion grue, précisent ses créateurs). Si son esthétique semble très discutable actuellement mais sans doute perfectible car l’architecture doit s’adapter au lieu …(actuellement on pense un peu aux anciennes cabines téléphoniques anglaises!), le principe de l’architecture modulaire, lié à cette recherche de rationalisation de la construction, titille beaucoup d’architectes depuis longtemps (après guerre, Jean Prouvé et ses maisons démontables,etc.). Portée depuis quelques années par les nouvelles préoccupations environnementales, elle semble aussi, dans certains cas, pouvoir être un véritable atout pour le futur. A Chamonix, le Proto-Habitat sera exposée Place du Mont-Blanc et deviendra dans le cadre d’Artocène un centre d’art éphémère pour l’exposition Forêt intérieure avec une sélection de jeunes artistes internationaux (Antoine Carbonne, Laetitia de Chocqueuse, Charlotte Gautier Van Tour, Ellande Jaureguiberry, Théo Massoulier).

Charlotte Gautier Van Tour, Top View (Earth Archive), 2020, Agar-agar, spiruline, pigments naturels ©Amandine Capion

Artocène, du 14 août au 10 septembre à Chamonix: www.artocene.fr

L’Association Aturaua (nom ancien de l’Arve), située dans la vallée de Chamonix et présidée par Laurene Marechal, « a pour mission de diffuser et de promouvoir les arts visuels contemporains et le patrimoine architectural. Il s’agit de rendre l’art et l’architecture plus accessibles aux audiences locales et de passage – notamment aux jeunes publics – dans un but de découverte, d’éducation et de partage. » Vaste et ambitieux programme . Bonne chance!

Paulina Michnowska, Wanders in vain, wanders to me, 2020, Aquarelle sur papier ©DR
Cette artiste expose au Parc Couttet, en plein air, des panneaux d’affichage peints. « Ses compositions colorées et légères reprennent des éléments de la faune et de la flore locales, abordant le thème de la végétation sous un angle onirique. »

A voir prochainement…la fresque Le Mont Analogue-Antoine Carbonne, artiste qui participe à Artocène…

 » Pour célébrer les 200 ans de la compagnie des guides de Chamonix, Antoine Carbonne a été sélectionné pour réaliser une peinture murale monumentale en plein cœur de la ville.  
Le projet de fresque d’Antoine Carbonne s’inspire d’un roman de René Daumal, Le Mont analogue. Le Mont Analogue est son dernier roman, inachevé, rédigé entre 1939 et la mort de son auteur en 1944.
L’œuvre présente la montagne comme un lien entre notre réalité terrestre et le ciel infini – métaphore d’un ailleurs supérieur – et imagine une ascension où les guides prennent l’allure de véritables maîtres spirituels, comme des gardiens du mont sacré.
La fresque proposée tend à imaginer cette ascendance et propose une suite au récit tout en rendant hommage aux guides.
 « 

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