Mercotte, un délicieux bonbon acidulé

Semblable à une friandise dans un univers médiatique saturé de figures formatées, la savoyarde Mercotte dénote avec son franc parlé, sa spontanéité, sa fraîcheur et sa vivacité d’esprit. Toujours vêtue de couleurs pimpantes auxquelles elle assortit avec raffinement ses montures de lunettes et ses petits foulards noués à la gavroche, cette blogueuse de la première heure, auteur de plusieurs livres à succès, papillonne sur France Bleu Pays de Savoie comme à la télévision, sur M6 ou Gulli avec sa participation rayonnante au jury d’émissions culinaires incontournables. Sa popularité incroyable ne change en rien cette tête bien faite qui sourit à la vie de lui donner autant d’occasions de satisfaire son insatiable gourmandise.

  • Un mot pour rappeler d’où vient ton charmant surnom de Mercotte ?

Quand nous faisions des rallyes avec mon mari André-Jean Mercorelli, surnommé Merco, j’étais copilote d’où Merco/Mercotte

  • Tu écris sur ton blog « la Cuisine de Mercotte » : « Je ne fais rien sans gaité …Mon secret ? Un brin de pédagogie dilué dans une bonne dose de gourmandise ! » Ton blog, la radio, la télé, un prochain livre…Pourquoi cette boulimie d’activités ?

C’est ma nature je pense. On est toujours venu me chercher, je ne sais pas dire non et je pense que ça me maintient en forme ! Je garde la pêche. Je ne fais rien sans gaité parce que je suis d’un naturel optimiste et ne vois que le bon côté des choses, je positive toujours et j’ai toujours le sourire, je suis née comme ça ! Tout est le fruit du hasard à commencer par la création du blog. Pour la radio on m’a sollicitée, pour la télé aussi, je n’ai rien demandé, je ne regarde pas la télé en plus !

  • Tu as une famille nombreuse, quatre enfants, dix petits-enfants, est-ce qu’il te reste du temps à leur consacrer ? Ta passion pour la gastronomie  a fait des émules parmi eux ? Comment s’organise ton emploi du temps ? Tu gères seule « ton planning de ministre » ?

Je ne suis pas une grand-mère très présente mais je leur fais des gâteaux ! Mes petits-enfants sont gourmands et je les emmène dans des restaurants étoilés pour compenser… Ils ne regardent pas la télé à part les deux plus jeunes et très ponctuellement. Les autres s’en fichent complètement et c’est très bien ainsi. Ma vie en province n’a pas changé avec la télévision sauf qu’on me reconnait dans la rue ! Je gère seule mon blog (en jachère en ce moment à cause du livre, je n’ai pas le temps de faire autre chose, je suis charrette) et mes réseaux sociaux. En revanche j’ai bloqué tous les messages et les notifications, je serais envahie. Je ne réponds qu’aux commentaires sur le blog, c’est la moindre des choses, et très rarement sur les réseaux.

  • À ton avis, dans un univers médiatique très épris de jeunisme, à quoi attribues-tu la pérennité de tes collaborations et ta popularité ?

À notre duo avec Cyril Lignac. C’est ludique.

  • Tu n’es ni langue de bois ni spécialement indulgente quand tu parles aux candidats du Meilleur pâtissier. Tu ne l’es pas davantage dans ton émission dominicale « le Mag de Mercotte » sur France Bleu Pays de Savoie où tu officies depuis 2009. Tu imposes le respect et en même temps tu fais rire. Est-ce que tu as toujours été ainsi, un peu cinglante et drôle à la fois ?

Oui je suis sans filtre et je dis toujours ce que je pense, c’est aussi le privilège de l’âge ! Ceux qui ne me connaissent pas et prennent tout au premier degré, ça me fait rire ! Les commentaires négatifs, quand je les lis, ce qui n’est pas toujours le cas, loin de là, m’amusent. La naïveté des gens qui n’ont rien d’autre à faire que de critiquer systématiquement, hors contexte en plus, c’est assez désolant mais bon, ça les occupe !  

Mercotte à France Bleu Pays de Savoie ©Nathalie Coevoet
  • Aix-les-Bains est ta ville natale. Pour toi, être savoyarde et fidèle à tes origines puisque tu vis toujours en Savoie, c’est un ancrage fort ? Tu as le temps de profiter de tes montagnes ?

Ah oui j’adore la Savoie, la montagne l’été, je défends mon territoire, les chefs et les artisans que j’admire. Je profite de cet environnement exceptionnel en pratiquant la marche quotidiennement, un exercice qui m’est indispensable pour garder la forme.

Mercotte est une fidèle de « Toquicimes » à Megève, le rendez-vous emblématique de la cuisine de Montagne © Commune de Megève – Simon Garnier.
  • En quoi tes brillantes études (hypokhâgne, Sciences-Po à Grenoble et une licence d’anglais) t’ont été le plus utiles pour mener cette carrière surprenante dans laquelle tu t’es lancée je crois « sans savoir cuire un œuf » ?

Je ne sais pas, j’ai une vie à l’envers, avec quatre enfants. Je n’ai quasiment pas travaillé et les propositions sont arrivées par hasard à l’heure de la retraite, mes études ont juste façonné mon esprit.

  • En 2005, lorsque tu as créé ton blog « La cuisine de Mercotte », les blogueuses étaient encore rares. Qu’est-ce qui t’a donné l’envie et l’idée et comment as-tu été perçue au départ en tant que blogueuse culinaire ? Quelle évolution constates-tu dans ce domaine ?

Tout est arrivé un peu par hasard, le blog par exemple : j’étais sur un forum de cuisine pas très qualificatif on m’a conseillé de faire un blog, j’ai « googlé  » blog gratuit et je l’ai fait du jour au lendemain sans savoir ce que j’allais mettre dedans, sans savoir faire de photos, puis j’ai vite compris qu’il fallait une ligne éditoriale et j’ai choisi celle de la pédagogie. Je n’invente rien, j’essaie juste de démystifier les recettes des chefs en les expliquant point par point , j’ai eu la chance d’apprendre les fondamentaux lors de très nombreux stages à l’école Valrhona. J’ai toujours aimé l’informatique, je suis un peu « geek« ! Ça a marché parce qu’il y avait à peine une dizaine de blogs en 2005. Je l’ai fait uniquement dans un esprit de transmission et partage, il n’y avait pas de monétisation, c’était convivial. Je ne me revendique pas du tout blogueuse maintenant, et je pense aussi que les blogs culinaires ont fait leur temps ! les réseaux ont pris la place, même si j’ai toujours un lectorat fidèle, plus de ma génération, j’imagine !

  • Quelle a été l’origine de ta collaboration à l’émission « le Meilleur pâtissier » qui débute en 2012 et de ton amitié avec Cyril Lignac qui dit volontiers être ton cinquième enfant !?

La encore, on est venu me chercher tout simplement. J’avais tourné dans «Chef, la recette » avec Cyril en 2007, c’était une expérience très sympa. Pour « Le Meilleur Pâtissier » je remplissais les cases, tout simplement: une dame d’une âge certain, amateur éclairée… mais je n’ai pas accepté tout de suite, seulement après avoir visionné l’émission de la BBC qui a vendu le programme à M6.

  • Est-ce que tu aurais pu imaginer un tel engouement pour les émissions culinaires ? A ton avis quelles en sont les raisons ?

Le « fait maison » redevient à la mode. Je ne peux pas trop en dire plus car je ne regarde pas la télé! En tout cas les émissions bienveillantes comme « Le Meilleur pâtissier » donnent envie de s’y mettre je pense et la gourmandise n’est pas un vilain défaut !

  • Tu as écrit déjà plusieurs livres à succès. Peux-tu nous parler de ton prochain ouvrage « la Savoie gourmande de Mercotte » ?

Après « Solution organisation » préfacé par Jean Sulpice, paru en 2010 chez Altal, j’ai publié en 2012 « Solution desserts pas à pas » préfacé par Conticini, puis « le Meilleur de Mercotte » toujours chez Altal préfacé par Pierre Hermé, en 2016 qui sont épuisés depuis belle lurette, puis j’ai écrit deux livres avec M6, épuisés aussi, « le grimoire de Mercotte » et « les délices de Mercotte » qui ont bien marché !

Le livre à paraître chez Flammarion le 27 avril, ce n’est pas du tout moi qui en ai eu l’idée mais Marie Etchegoyen la photographe de l’émission en m’entendant toujours parler de mes chefs chouchous. Je lui ai dit: « fais un pitch, va voir les maisons d’édition et on en reparle  » ! Flammarion a tout de suite été intéressé. C’est beaucoup de travail, un peu trop même, entre les interviews, les portraits, la rédaction des textes, etc… mais bon, j’avais promis ! Je vais à la rencontre d’une trentaine de mes chefs chouchous et à chaque chef est associé un artisan et une recette, en Savoie et Haute-Savoie, autour des lacs et en montagne. Il s’agit de chefs que je connais depuis longtemps, tous étoilés, puisque je préfère aller moins souvent au restaurant et avoir des émotions en goûtant ce que je ne saurais jamais faire, c’est ma philosophie depuis toujours.

  •  Quel regard portes-tu sur ton incroyable succès et quelles sont tes envies pour l’avenir ?

Mon avenir est derrière moi, je vis au jour le jour, j’ai une vie saine, je suis heureuse et c’est le principal, le succès … un bien grand mot, en tout cas ça n’a pas du tout changé ma vie.

le blog de Mercotte: http://www.mercotte.fr

Prochain épisode en avril lorsque « la Savoie gourmande de Mercotte » paraîtra aux Editions Flammarion.

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